Cassata sicilienne : histoire, signification et où la déguster.
Un dessert traditionnel qui raconte l’histoire de la Sicile.
Il y a des desserts que l’on mange, et d’autres que l’on observe avant même de les goûter. La cassata sicilienne appartient à cette seconde catégorie : un équilibre de couleurs, de formes et de textures qui raconte depuis des siècles l’identité de l’île.
Ce n’est pas seulement un dessert. C’est une synthèse visuelle et gastronomique de la Sicile, où coexistent différentes influences, superposées au fil du temps jusqu’à devenir une icône reconnaissable même en dehors de l’île.
Il n’est pas surprenant que son image — si distinctive — soit devenue également un symbole graphique. Sur certaines t-shirts avec le dessin de la cassata sicilienne, par exemple, le dessert se transforme en motif, en conservant ses couleurs et son identité visuelle.
L’étymologie de la cassata sicilienne : origine du nom
Quelle est l’origine du nom cassata ? La réponse n’est pas unique et, pour cette raison même, elle raconte l’histoire de la Sicile : une terre où les langues et les cultures se sont superposées au fil du temps.
La théorie la plus répandue fait remonter le terme à l’arabe « qas’at », qui désigne une grande coupe ronde. Il s’agirait du récipient utilisé à l’origine pour donner forme au gâteau. Durant la domination arabe (IXe–XIe siècle), des ingrédients essentiels comme la canne à sucre, le citron et le cédrat sont introduits en Sicile, transformant profondément la tradition pâtissière de l’île.
Une autre hypothèse renvoie au latin « caseus » (fromage), dont dériverait caseatus, c’est-à-dire « à base de fromage ». Le nom décrirait alors directement le cœur de la préparation : la ricotta de brebis, ingrédient central déjà présent en Sicile bien avant l’époque arabe.
Une troisième interprétation, davantage liée à la forme qu’à la langue, associe cassata au mot « cassa », entendu comme contenant. Une référence à la structure qui renferme la garniture, aussi bien dans la version cuite au four avec pâte sablée que dans la version plus élaborée à base de génoise.
Plutôt que de s’opposer, ces hypothèses coexistent et se complètent. La cassata est avant tout une synthèse de cultures.
L’une des premières mentions écrites remonte au XIVe siècle, dans le Declarus d’Angelo Senisio, où elle est décrite comme « cibi genus ex caseo compositum », c’est-à-dire un mets composé de fromage — preuve du rôle déjà central de la ricotta.
La cassata riche et décorative que nous connaissons aujourd’hui — avec glaçage, fruits confits et couleurs baroques — est une évolution plus tardive, développée dans les couvents et les pâtisseries, notamment à Palerme, et liée à la tradition de Pâques. À l’origine, le terme désignait probablement un dessert beaucoup plus simple, proche de l’actuelle cassata au four.

Cassata sicilienne – Photographie de Raffaele Rinaldi
Une forme qui se précise avec le temps
Pour arriver à la cassata sicilienne telle que nous la connaissons aujourd’hui, il a fallu traverser les siècles. Une étape décisive se situe au XIXe siècle, lorsque le pâtissier palermitain Salvatore Gulì contribua à définir son apparence moderne.
Il codifia l’utilisation du pâte génoise à la place de la pâte sablée et rendit la décoration plus structurée, introduisant un équilibre entre élégance et richesse qui distingue encore aujourd’hui la cassata traditionnelle.
Ingrédients et symboles : au-delà de la ricotta
La cassata sicilienne est composée de couches, mais chaque élément a une signification.
Pâte génoise, ricotta de brebis sucrée, pâte d’amande verte, glaçage blanc et fruits confits. Chaque ingrédient joue un rôle précis, non seulement pour le goût, mais aussi pour l’esthétique.
Le vert rappelle les jardins, le blanc la lumière des cuisines conventuelles, les fruits confits ajoutent de la vivacité. Il n’est pas étonnant que la cassata soit l’un des desserts les plus photographiés : elle est faite pour être vue.
En Sicile, la cassata est particulièrement associée à Pâques : c’est à cette période qu’elle apparaît le plus souvent sur les tables, devenant le dessert par excellence de la fête.
Ses couleurs distinctives sont devenues une source d’inspiration en dehors de la pâtisserie. On les retrouve par exemple dans les éventails ou les foulards en soie du brand Le Siciliane, où la cassata sicilienne est réinterprétée graphiquement tout en gardant un lien direct avec la tradition.
Où déguster la cassata sicilienne traditionnelle à Palerme
À Palerme, la cassata sicilienne est facile à trouver, mais toutes ne se valent pas.
Les pâtisseries historiques du centre-ville proposent des versions artisanales qui font vraiment la différence, notamment grâce à la qualité de la ricotta et à la délicatesse du glaçage. Parmi les adresses les plus recommandées :
- Pasticceria Costa – Via Maqueda, 174, une adresse classique au cœur du centre historique.
- Pasticceria Cappello – Via Colonna Rotta, 68, réputée pour sa tradition pâtissière sicilienne.
- Pasticceria Oscar 1965 – Via Mariano Migliaccio, 39, un point de référence pour les douceurs siciliennes.
- Salvo Albicocco Pasticcerie – Via Principe di Villafranca, 67, un atelier historique où déguster les grands classiques de la pâtisserie palermitaine.
Ces pâtisseries figurent parmi les meilleurs endroits à Palerme pour savourer la cassata sicilienne authentique, préparée selon la tradition avec des ingrédients de qualité et un savoir-faire artisanal.
Peut-on emporter une cassata ?
Pas toujours. La cassata traditionnelle est délicate, dépendante de la fraîcheur des ingrédients, et difficile à transporter, surtout en été.
De nombreux voyageurs recherchent donc des alternatives : des objets qui conservent le même univers visuel et les mêmes couleurs, mais sous une forme plus durable.
La cassata comme image
Les couleurs de la cassata sicilienne — vert intense, blanc lumineux et détails vifs des fruits confits — ont un impact visuel immédiat.
Dans les collections contemporaines du brand Le Siciliane, ces éléments se transforment en objets à porter : t-shirts femme, Serviettes de plage et accessoires légers conçus pour accompagner le voyage ou conserver le souvenir.
C’est une manière différente d’emporter un peu de Sicile : pas liée au goût, mais à la mémoire visuelle et à sa capacité à durer dans le temps.








